L’implantation des chefferies successives

mercredi, juillet 1, 2015

 

Dès ses premiers jours, Fô Djeudom se présente comme un monarque hégémoniste. Il élargit les frontières de son village jusqu’à Djam’Là où il consolide sa deuxième chefferie. Ensuite il aurait progressé jusqu’à Ngamekom où il serait mort. La chefferie se déplaça alors à Deum Meukeung où se succédèrent Fô Djani-Djabou (1477-1537), Fô Yeummakeun fils de Meuni Meukeung (1537-1581), Fô Nkeumo (1581-1626) et Fô Lamno (1626-1691) dont on ignore les mères. Fidèles à la tradition hégémoniste des parents, les fils gagnèrent du terrain et s’installèrent à Touno. Les Chefs qui vécurent à ce nouvel emplacement seraient Fô Thieyoue (1691-1733) , Fô Dekagong (1733-1776) , Fô Djiomgou (1776-1850) et Fô Ngomsi (1850-1912). Le dernier site de la chefferie actuelle remonterait à Fô Tchoumbou (1912-1959). Fô Kamga y a également régné de 1958 au 04 Décembre 2008 et Fô Djombissié y règne depuis le 04 Janvier 2009.

Remarquons que Touno en Fondjomekwet veut dire « le contre-bas de la Chefferie » ; cette appellation est donc récente et se dit par rapport à la position de la Chefferie d’aujourd’hui.

Au vu de ces différents déplacements du palais, nous constatons que tous les chefs se sont installés exclusivement dans l’actuel quartier Toula. C’est pourquoi avant une certaine période, les grands notables du village n’étaient localisés que là-bas. Nous verrons par la suite pourquoi ils ont été répartis dans l’actuel village de Fondjomekwet. On comprend aussi pourquoi de nos jours, on compte plus de serviteurs et notables au quartier Toula que dans d’autres quartiers.

Les visées hégémonistes

A l’instar du Père-fondateur de Fondjomekwet, ses fils avaient une volonté inébranlable de conquérir de nouvelles terres. C’est pourquoi les premiers Chefs jusqu’à une génération toute récente étaient essentiellement hégémonistes. Dans cette Afrique de nos aïeux, l’Etat bien sûr n’existait pas. Aucune administration ne définissait les limites d’un groupe donné. Cette situation de jungle favorisait évidemment ceux qui utilisaient la raison du plus fort pour annexer et asservir les plus faibles. Cette situation aurait été exploitée par beaucoup de Chefs Fondjomekwet. C’est ainsi que notre village est aujourd’hui environ plus de cent fois plus étendu que la petite localité de Ka’tchou de départ.

Selon des sources concordantes, les Chefs conquis et soumis seraient : Fo Kouacha, Fo Chicheu, Fo Mnong, Fo Djag Wom, Fo Chommeni, Fo Lafi, Fo Jeugang. Les limites actuelles du village remontent au chef Ngomsi vers le début du XIXe siècle.

La conquête de la chefferie Bakoucha

De toutes les chefferies absorbées par le grand ensemble de Fondjomekwet, Bakoucha semble aujourd’hui une des plus importante grâce à la préservation de sa structure initiale. Le Chef Supérieur Fondjomekwet, Fô Djimgou, aurait amorcé son invasion vers la fin du XVIIe siècle. Mais la résistance de ce peuple foncièrement attaché à sa souveraineté était farouche. Les deux belligérants s’enlisèrent dans une guerre d’usure jusqu’à Fô Ngomsi qui ne put pas définitivement mater la résistance.

L’histoire raconte que pendant la guerre d’annexion, une partie de la population de Bakoucha s’est réfugiée à Fomopéa. Elle aurait occupé une région dont le nom, Bong-Là, est très significatif et veut dire « une terre promise ». Ce nom aurait été donné par ces réfugiés pour exprimer leur sentiment et leur reconnaissance à cette terre d’accueil.

Quand Tchoumbou monta sur le trône de son père, il comprit très vite que la solution de la domination se trouvait dans la négociation, la diplomatie ; et les Bakouocha déjà ruinés par cette guerre avaient visiblement besoin de cette pacification pour reconstituer leur population. De plus, lsa mère de Tchoumbou était originaire de La’Cheu, les cousins de Bakoucha, c’est ainsi qu’après avoir fait la paix avec les nouveaux soumis, il donna sa fille à leur Chef comme symbole d’amitié et de fraternité. La carte était alors jouée quand le fils de sa fille devint héritier du trône. Le petit-fils ne pouvait plus lever la tête contre le grand-père. Ce fils n’est autre que le Sous-Chef Youwouo qui passe pour un des sous-chefs les plus respectés du village. Cette Chefferie est comprise dans le quartier Lacheu, une des quatre grandes divisions que compte le village.

A propos de Lacheu, il semblerait que parmi les soldats du Chef Supérieur Fondjomekwet qui avaient investi la région ; les uns ont choisi la soumission et ont conservé leurs terre, les autres plus peureux ou peut-être aussi tenant plus à leur liberté, se sont retirés à Fotouni où ils s’installèrent dans une région qu’on a appelée Lacheu Tchou. Ce nom signifie en Fondjomekwet « La ‘ cheu d’en haut », sans doute pour marquer sa situation en altitude par rapport à Lacheu qui lui, est situé dans la vallée. Toutefois, les ressortissants de La'cheu-tchou sont considérés comme les cousins des Fondjomekwet bien qu’ils appartiennent désormais au village Fotouni.

La chefferie Bachicheu

Elle est comme la Chefferie Bakoucha une des plus importantes sous-chefferies Fondjomekwet. Selon les historiens du village, son Chef n’a pas opposé une résistance farouche au Chef Supérieur Fondjomekwet ; c’est pourquoi semble-t-il, il a conservé les structures de sa chefferie. Aujourd’hui, Bachicheu fait partie intégrante du quartier Jiffo, une des quatre grandes divisions de Fondjomekwet.

Texte de David Nouwou, actualisé en juillet 2015 par S.M DJOMBISSIE KAMGA Yves, Chef Supérieur de Fondjomekwet.

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