Agriculture

jeudi, juin 18, 2015

 

Il est souvent précisé que le Cameroun est une Afrique en miniature. La mosaïque de paysages que l’on peut y rencontrer est dûe à deux paramètres différents :


  • La présence récurrente de vents secs provenant du Sahel au nord et d’air maritime au sud.
  • Une dénivellation importante allant du bord de mer, aux trois plateaux des hautes terres de l'Ouest bamiléké, et une série de hauts reliefs volcaniques : Mont Oku (3 008 m), Mont Bamboutos (2 740 m), Mont Manengouba (2 396 m) qui culmine avec le Mont Cameroun (4 095 m).

Ceci a conduit les chercheurs de l’Institut de recherche Agricole pour le Développement du Cameroun (IRAD) à définir 5 zones agroécologiques.

D’après ces travaux (2), Fondjomekwet se situe "dans la zone des hauts plateaux de l’ouest" dont les principaux sont : le plateau Bamoun, le plateau Bamiléké et le plateaux volcaniques de Bamenda. Le climat est de type équatorial d’altitude caractérisé par deux saisons d’inégales longueurs. L’altitude abaisse les températures moyennes (19°C en moyenne annuelle), les pluies sont abondantes et varient entre 1500-2000 mm par an.

En réalité la situation est plus complexe à Fondjomekwet puisqu’il existe un plateau recouvert de forêt-galeries à environ 1200 mètres d’altitude sur lequel se situe les divers villages de ce groupement, et une plaine, en paysage de savane au centre et de forêt-galeries sur les contreforts qui, au sein du village de Toula, constitue le grenier de Fondjomekwet.

Dans la plaine dénommée plaine de Leum, au sol très fertile et sous un climat plus chaud, toutes les cultures vivrières et de rente ont des productions supérieures à celles réalisées sur le plateau du groupement Fondjomekwet. Les cultivateurs qui possèdent un terrain dans cette plaine ont le plus souvent une maison pour pouvoir y travailler plusieurs jours de suite.

Il est également intéressant de souligner les facteurs induisant une évolution du paysage culturel bamiléké sur Fondjomekwet. En effet, le plus souvent, à Fondjomekwet, les surfaces des terres cultivables n’appartiennent pas réellement aux agriculteurs, elles sont attribuées aux divers exploitants par le responsable de la concession. Au fur et à mesure des générations, avec l’augmentation de la population, ces surfaces se sont progressivement réduites.

Parallèlement, comme dans d’autres villages du Cameroun, les conditions de vie des petits producteurs de café et de cacao se sont dégradées au cours des deux dernières décennies pour plusieurs raisons : baisse de la main d’œuvre par la plus forte scolarisation des enfants qui ne souhaitent le plus souvent pas reprendre l’exploitation de leurs parents, d’où parallèlement un vieillissement de la population de planteurs, baisse des cours mondiaux du café, coût élevé des engrais et des traitements, utilisation d’outils rudimentaires comme la machette et les houes. Cette évolution assez rapide fragilise les petites exploitations de Fondjomekwet en augmentant la pauvreté dans cette zone rurale, certains exploitants trop âgés ne pouvant plus prendre en charge l’entretien de leur parcelle. Pour survivre de plus en plus d’agriculteurs cumulent diverses activités, et sont contraints de se spécialiser. Conséquence de cette évolution, le paysage culturel de l’agroforesterie de Fondjomekwet se transforme progressivement pour évoluer vers de plus grandes parcelles de maraîchage.

Evolution vers une agriculture biologique

Dans ce contexte national d’abandon progressif des champs, « le «GIC SONDASON», en prenant appui sur le programme d'ajustement structurel du Fond Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM), s’est lancé dans un projet d'agriculture biologique et du commerce équitable afin de combattre ces conditions difficiles pour les paysans et pour répondre d´une façon durable aux demandes des consommateurs. »

Les planteurs de Fondjomekwet qui s’intègrent dans ce programme s’engagent à n’exercer sur leur terre que l’agriculture biologique et ils doivent réserver au moins 40% de leurs terres mises en valeur pour la production des produits agricoles consommables localement afin d´assurer la sécurité et la souveraineté alimentaire nationale. Le paysan dans les zones d'intervention du GIC Sondason est entièrement dépendant des activités agro-pastorales. La pratique de la culture mixte relève de la tradition. Cette pratique garantie l´équilibre des sols exploités, la sécurité et la souveraineté alimentaire de la région. Les producteurs des produits biologiques tels que le café, le cacao et autres produits dans ces régions sont considérés comme des progressistes.

Plus particulièrement les cultivateurs du «GIC SONDASON» ont acquis une réputation par leur flexibilité et leur volonté à reprendre la culture du café et surtout d´un café et cacao biologique. Ces paysans ont fait tâche d'huile dans le groupement Fondjomekwet et ainsi d'autres cultivateurs de ce groupement y ont adhéré.

La pratique parallèle de l'agriculture biologique et conventionnelle n'est pas autorisée aux adhérents du GIC Sondason. Les nouveaux planteurs subissent automatiquement avec leur adhésion au GIC SONDASON la conversion pour devenir au bout de trois ans minimum pour les cultivateurs de café et cacao et au bout de deux ans minimum pour les cultivateurs de céréales et maraichères des agriculteurs biologiques.

Bibliographie :
  • (1) Gautier Denis. La diversité des systèmes agroforestiers bamiléké et ses évolutions contemporaines. In: Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée. 36e année, bulletin n°2,1994. Phytogéographie tropicale : réalités et perspectives. Propos d'ethnobiologie. pp. 159-178.
  • (2) IRAD 2008 Deuxième rapport sur la situation des ressources phylogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture au Cameroun, 93 p. Institut National de Cartographie 2011 Atlas national de développement physique du Cameroun

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